Ouest-France 28/10/2009
Dans le cadre de l'opération « Du jour de la nuit », la municipalité a accueilli, samedi soir, dans le parc de la mairie, les conteurs de la Jabotée. L'éclairage public était éteint de 20 h 15 à 22 h. C'est une opération de sensibilisation à la protection de l'environnement nocturne et à la pollution lumineuse.
Au Plessis-Grammoire, le ciel a
été clément avec les habitants pour ce Jour de la
Nuit.
Après une journée pluvieuse, il a écarté les voiles de nuages pour découvrir sa voûte étoilée. L'éclairage public a été éteint aux alentours de la mairie et, c'est guidé par des lumignons que les spectateurs sont allés s'installer sur des bottes de paille, au cœur du parc. Là, sous un eucalyptus, éclairés par les seules bougies, les conteurs de la Jabotée leur ont conté des histoires qui nous viennent du monde entier pour nous dire comment la nuit et les étoiles auraient été créées,
des légendes qui expliquent pourquoi le ciel est constellé d'étoiles ou comment les hommes ont essayé d'attraper la lune pour la posséder. Dans la mémoire des vieux angevins rôdent peut-être
encore des lavandières de nuit ou des diables échappés d'on ne sait où ?
Ce soir-là, petits et grands sont rentrés chez eux, des étoiles plein les yeux et la tête remplie de belles histoires.
Maryvonne
à
gauche,
et Janine
à
droite,
conteuses de la Jabotée,
ont
su captiver les spectateurs
Où l’on découvre que l'histoire rattrape le tram
« Jaboter, en vieux français, cela veut dire raconter des histoires qui tiennent à cœur » explique Alain Bayeux. Et c'est exactement ce que ce
conteur a fait avec Lucette Papin et Jeanine Gehl, lundi dernier, dans le cadre enchanteur du château d'Angers. Les trois conteurs de la Jabotée étaient réunis pour narrer les légendes de Bella,
de saint Lézin, d'Enimie mais aussi de la montagne salée.
Les légendes de saint Lézin et d'Enimie
Le clou du spectacle de ce plongeon dans
l'histoire a été la légende de saint Lézin et d'Enimie. Pour la petite histoire, saint Lézin, ancien comte d'Anjou devenu évêque, a été l'auteur, au VIe siècle, de nombreux miracles à Angers. Des
églises ont alors été bâties et la légende veut que ce soit lui qui ait appris aux gens de l'Anjou à tailler l'ardoise.
De son côté, Enimie lui était promise mais Dieu lui a donné la lèpre pour que le mariage soit annulé et qu'elle se
dévoue à lui. Deux légendes, deux destins en parallèles racontés par deux voix. « Aujourd'hui encore, on est concerné par saint Lézin » ajoute Alain, « puisqu'il a été retrouvé, il y a quelques
semaines, les restes de l'église de saint Mainbœuf, le disciple de saint Lézin, rue d'Alsace lors des fouilles pour le tramway». L'histoire, une fois de plus, nous rattrape.